économie_10/05/2008
10 05 2008
La salarié jetable, Louis Uchitelle, Ed. Demopolis, 384 pages, 23 €
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“Depuis le début des années 1980, plus de 30 millions d’Américains ont perdu leur travail. De façon insidieuse, à la stabilité de l’emploi portée par la croissance de l’après-guerre s’est substitué un recours quasi systématique aux suppressions de postes. Les licenciements, au départ appréhendés comme une mesure exceptionnelle, sont devenus une pratique de gestion courante des entreprises. La massification du phénomène a abouti à sa banalisation, au point de conduire à une certaine résignation de l’opinion. Mais la multiplication des plans de départs est-elle aussi inéluctable que l’affirme la pensée dominante ? Louis Uchitelle, chef du service économique du quotidien américain The New York Times, s’est posé la question au travers du Salarié jetable, un livre paru en 2006 aux Etats-Unis sous le titre The Disposable American.
L’intérêt de cette enquête iconoclaste consiste à démonter le mécanisme par lequel l’indifférence et même le consentement de l’opinion vis-à-vis des licenciements se sont installés dans la société américaine. “Chaque licenciement est devenu l’affaire ou la faute de la victime, non plus celle de la société, et, une fois ce postulat assimilé par l’opinion publique, les employeurs se sentirent libres de l’intégrer à leurs stratégies et à leurs modes de fonctionnement, écrit Uchitelle. Les fusions, l’externalisation, les restructurations permanentes d’entreprises en quête de profits à court terme, la migration d’usines et de bureaux dans des villes et des pays à bas salaires, la stagnation des revenus, le recul ou l’abandon de pans entiers de l’industrie, tous ces facteurs requièrent un acquiescement aux licenciements.”"
Catégories : Economie, Sociologie